La responsabilité sociétale se déclarait ; elle se démontre désormais. Un donneur d’ordre européen, une banque ou un bailleur ne demandent plus une charte : ils demandent un chiffre, établi selon une méthode reconnue, et ils le demandent à une date.
Les trois périmètres
Le bilan des émissions de gaz à effet de serre couvre trois périmètres : ce que l’entreprise brûle sur ses sites, l’électricité qu’elle achète, et tout le reste, des matières achetées au transport des marchandises.
Le troisième est le plus lourd dans presque toutes les industries. C’est aussi celui que les entreprises découvrent en dernier, quand un client leur demande la donnée et qu’il faut remonter aux fournisseurs.
Pourquoi c’est devenu la porte d’entrée de la RSE
Une politique sociale ou une charte ne se compare pas d’une entreprise à l’autre. Un chiffre, si. C’est ce qui a fait du bilan des émissions le premier élément demandé, avant tout le reste : il est chiffré, daté, vérifiable, et il se compare.
Et il ne reste pas un exercice déclaratif : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, entré dans sa phase définitive le 1er janvier 2026, oblige l’importateur européen à déclarer le carbone contenu dans certains produits, à partir des données de son fournisseur.
Ce qui se joue
Une entreprise qui a ce chiffre répond à ses clients, chiffre ses réductions et en rend compte d’une année sur l’autre. Une entreprise qui ne l’a pas est déclarée sur des valeurs par défaut, en général moins favorables, et se découvre exposée au moment où on lui demande la donnée.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut mesurer, mais ce que le chiffre révélera de votre chaîne d’approvisionnement.
Sources : GHG Protocol, Corporate Accounting and Reporting Standard ; norme ISO 14064-1:2018 ; règlement (UE) 2023/956 établissant le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.